Un saut entre deux parcs

Par Monique Pagé

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Un jeune prêtre de vingt-cinq se noie dans les eaux tumultueuses. Il est accompagné d’un mystérieux complice du canoë extrême, un certain Auhaïtsic. Ce dernier…

Voilà ce qui aurait pu s’écrire dans un journal local de l’époque. Seulement l’époque en question n’avait que des journaux outre atlantiques et officiellement royaux. Nous imaginerons la suite.

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Qu’a-t-il ressenti au moment de rejoindre le liquide vital devenu fatal, au moment de faire le saut aux récollets ? Qu’a-t-il humé? Les pollens dans la brise? J’en doute. Imaginons plutôt un parfum d’algues microscopiques se répandant, depuis ses bronches, dans tout son corps. L’odeur d’une eau vivante et nourricière pour les naissances fauniques et floristiques.

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Aujourd’hui, nez au vent face à la rivière je renifle un mélange d’humidités : vase et pourritures discrètes dans le coup de balai du grand air. L’eau est calme. Une petite erreur de géolocalisation en serait-elle la cause, puisque le véritable saut hydrologique nous le retrouvons au parc de la Visitation!

Je fais le saut moi aussi, vers le…
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J’y entends les rires et les cris d’excitation des enfants jouant dans leur cour d’école jouxtée à ce lieu public.

Un arbre attire mon attention. Je pose ma joue sur son tronc, j’inhale l’odeur légèrement âcre du lichen à laquelle s’ajoute la bouffée charnue et boisée émanant de l’écorce. Le tout est sec et fragile sous l’ongle.

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Plus loin, sous un arbre magnifiquement ramifié, je respire un air poussiéreux, je goute un air sablonneux. Reconnaissable même les yeux fermés.

Un marronnier quant à lui, dégage vraiment ce que je qualifie de parfum. Je colle à lui comme une mouche au miel. J’aimerais pénétrer chaque fleur et me vautrer dans ces petits espaces colorés de soleil, de pigments et d’eau claire. Elles me retiennent par le bout du nez ces petites mains florales.

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Des enfants m’observent de loin. Ils rigolent. Eux aussi inventent une histoire, celle d’une dame qui semble vouloir se fondre au végétal.


Ce texte a été écrit dans le cadre de l’atelier d’écriture géopoétique sur les parcs.

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